La plupart de ces gens sont absolument nus ; peu d’individus des deux sexes portent le bila. Cette bande d’étoffe n’est employée que par les vieillards ; chez les femmes âgées, elle est remplacée par un bouquet de feuilles.

A Dioulasou et Kotédougou, les quelques jeunes gens à qui j’ai vu un bila l’agrémentaient d’une queue en cotonnade noircie se terminant par une houppette. Vu à une certaine distance, cela imite parfaitement une queue de bête.

En dehors de ce bila à queue porté seulement par quelques élégants, l’accoutrement des Bobofing consiste en un collier à double ou triple rangée de cauries, une paire de jarretières en peau et une feuille de palmier bien enroulée autour de chaque pied un peu au-dessus de la cheville ; comme autres bijoux, une ou deux boucles d’oreilles en fer et une flèche en corne traversant le nez. Ces deux ornements sont assez souvent remplacés, les boucles d’oreilles par deux longues épines de porc-épic, et la flèche du nez par un simple roseau de 10 à 15 centimètres de longueur.

Ils portent peu les cheveux en tresse, presque tous ont la tête rasée ou les cheveux courts et les dents taillées en pointe.

Sur l’épaule droite et pendu par devant, ils ont un petit fouet en cuir auquel sont appendus des gris-gris en peau de singe, échines de poissons, sonnettes en fer, osselets, etc., qui retombent dans le dos. Sur l’épaule gauche est toujours placée une sorte de massue en bois servant plutôt de tabouret que d’arme. Ce tabouret est de divers modèles et toujours confectionné en un seul morceau de bois.

Comme armes, ils possèdent l’arc, les flèches et une hache. Ils ont comme religion un obscur fétichisme et consultent surtout les kéniélala. La circoncision n’existe pas chez eux.

A Niamouso et Moussobadougou, quelques individus avaient le buste enduit d’ocre rouge mêlée à du beurre de cé.

Tous les hommes fument la pipe du modèle que j’ai déjà décrit chez les Dokhosié.

La femme est laide dans toute l’acception du mot ; elle se distingue des autres peuples voisins par une longueur démesurée du buste et par la lèvre inférieure, qui est percée d’un large trou dans lequel est passé un morceau d’albâtre de 3 centimètres de longueur et de la grosseur d’une bougie ; celles qui n’ont pas le bonheur de posséder cet ornement portent dans la lèvre un petit rouleau de feuilles.