Ce rouge est obtenu à l’aide d’une pierre appelée say qui vient du Hombori. Pilée, elle donne une ocre rouge dans laquelle on fait tremper la laine avec de l’eau de cendre (potasse), employée comme mordant. La teinture ainsi obtenue a un teint mat, terne, ressemblant au rouille sale.
6o Diverses nuances de brun obtenues avec les feuilles d’un arbrisseau appelé bassi en mandé, et raat par les Wolof et les Toucouleur. C’est la couleur nationale du Bambara et du Malinké.
7o Le rouge brun, avec lequel les cordonniers teignent les peaux. Ce rouge est obtenu à l’aide de la tige d’une variété de sorgho stérile appelée en mandé fara ouoro. Ce sorgho n’est pas beaucoup cultivé dans les pays mandé ; on ne le rencontre qu’à l’état isolé, planté autour des villages et mélangé au maïs.
La moelle de cette plante, calcinée et mélangée à l’eau de cendre, donne aux peaux, en les laissant longtemps infuser, une teinte d’un rouge qui passe bientôt au brun ; les noirs ne s’en servent jamais pour teindre du coton ou des étoffes.
A ces produits tinctoriaux il convient d’ajouter :
1o Le sey, jaune citron qu’on tire d’un arbuste de 50 à 60 centimètres de hauteur et dont on utilise la racine. L’arbuste est nommé sey-iri par les Mandé de Kong.
Dans le Djimini j’ai plus tard retrouvé la même racine sous le nom de gouéré ; elle s’emploie comme le souaran (dont j’ai parlé à Tiong-i), mais la teinte est plus mate.
Dans un village du Djimini j’ai vu obtenir du vert avec une superposition de jaune (du gouéré ou sey) sur du bleu indigo, mais cela ne donne que des teintes maculées n’ayant rien d’uniforme. Aussi cette couleur n’est-elle jamais employée.
2o Le henné, fourni par un petit arbuste que l’on trouve partout. Les indigènes se servent volontiers des feuilles de henné pour se rougir les ongles. Quelques chevaux gris ont aussi les balzanes, la crinière et la queue teintes dans cette couleur, ce qui leur donne un aspect bizarre, surtout quand cette toilette est agrémentée de taches pommelées.
Les Dafing élèvent quelques bœufs, qui sont de même race que ceux de Fourou, Niélé, Kong, etc. La race ovine est représentée par un magnifique mouton à poil ras, de race maure, qui donne un bon rendement de viande. A Dioulasou, Kotédougou et Ouahabou, le prix d’un bel animal varie entre 7000 et 10000 cauries (10 à 15 francs).