La plupart des Nonouma sont circoncis ; on en rencontre de nus et d’autres qui portent le bila. Beaucoup de femmes se couvrent avec le foulabourou (bouquet de feuilles), il y en a aussi qui errent toutes nues. Comme les Niéniégué, elles fument la pipe.

Les bijoux des Nonouma sont tous en ivoire : ce sont des bracelets se portant au-dessus du coude et des boucles d’oreilles à peu près uniformes et du diamètre d’une pièce de 2 francs.

En passant à Lava, j’ai vu des séances de dou comme chez les Bobo. Dans le même village se trouvaient également des tombes en forme de puits, comme celles des Niéniégué.

Les femmes nonouma comprennent d’une drôle de façon les soins de propreté à donner à leurs enfants. Tous les soirs le même spectacle s’offrait à mes yeux. La mère, tenant l’enfant sur ses genoux, commençait à lui ingurgiter avec la main autant d’eau qu’elle pouvait ; pendant ce temps le pauvre petit pousse naturellement des cris à fendre le cœur d’une mère un peu sensible, mais rien ne l’arrête : tant qu’il reste une goutte d’eau dans la calebasse, le petit doit l’avaler. Si encore le lavage était terminé, il n’y aurait que demi-mal, mais là commence une opération que je n’avais pas encore vu pratiquer.

La mère place son enfant sur ses genoux, la tête tournée vers le sol, puis, se servant de sa bouche comme canule, lui fait prendre force lavements. Après chaque gorgée, elle détourne le postérieur de l’enfant, qui s’empresse de chasser avec force ce liquide. L’opération se continue jusqu’à ce que la calebasse d’eau soit épuisée. Il passe ainsi dans le corps du petit être, soit par en haut, soit par en bas, environ quatre litres d’eau par séance. Ce nouveau genre de lavement n’a pas l’air d’incommoder l’enfant, qui pleure rarement.

Soins de propreté.

Les Nonouma saluent et souhaitent la bienvenue en se frappant la cuisse ou la jambe de la main droite aussi souvent qu’ils vous disent dadio ou dagaré, ce qui doit vouloir dire « bon matin, bonjour ». Quand j’arrivais près d’un chef de village, c’était au moins pendant cinq minutes qu’il répétait dagaré en se frappant la jambe ; comme salut, cela m’a paru assez original.

Ce peuple est très superstitieux. Ainsi, à Ladio, quatre koma (grues couronnées) ayant dirigé leur vol vers le village, toute la population monta sur les argamaces en poussant des cris, afin de les effrayer et de détourner leur vol.

Près du même village il y a une sorte de mare où l’on prend l’eau pour boire ; cette mare est infestée de caïmans. Comme je me disposais à aller en tirer un, on me pria de ne pas le faire, la mort d’une de ces bêtes pouvant causer ou attirer les plus grands malheurs sur le village.