J’avais beau leur représenter que l’efficacité d’un tel remède était difficile à prouver, ils insistaient tellement, que je me vis forcé, à mon grand regret, de me prêter à plusieurs reprises à cette fantaisie.

Je m’en acquittai le plus loyalement possible en écrivant à l’encre sur les tablettes en bois qui leur servent d’ardoises :

« Que Dieu leur donne la lumière. »

La tablette était ensuite bien lavée, et l’encre, mêlée à l’eau qui avait servi au nettoyage de la planchette, était donnée à boire aux petits.

D’autres solliciteurs venaient me demander un écrit préservant des balles et faisant dévier ses propres projectiles, afin que de son côté il n’atteignît personne en guerre.

[68]Cependant, à mon second séjour j’ai cru surprendre dans une conversation qu’il existait ici des documents historiques sur lesquels on transcrivait les événements saillants, documents tenus à jour scrupuleusement.

[69]Kouroudougou ne veut pas dire « pays des pierres ou des montagnes », comme son étymologie pourrait le faire supposer ; Kourou est un nom de peuple.

[70]Cette appellation est absolument impropre. Le mot Bambara est à Kong le synonyme de kafir (infidèle), et comme toutes les peuplades des environs sont fétichistes, ils appellent Bambaradougou tous les pays qui ne sont pas musulmans.

[71]Homme âgé et vénéré.

[72]Note de M. O. Houdas, professeur à l’École des langues orientales, sur l’écriture des gens de Kong :