[81]Beaucoup de musulmans de Kong rendent la liberté à leurs captifs. J’ai eu l’occasion de voir à Kong des gens des deux sexes ayant obtenu la liberté de leurs maîtres. Je ne pense pas cependant qu’il faut attribuer cet acte à la clémence ou à la générosité du propriétaire, je crois plutôt que c’est un signe de pénitence, pour se faire pardonner quelque gros péché, ou encore que c’est suivant les conseils d’un kéniélala, ainsi que cela se passe fréquemment pour les ânes et les ânesses, qui sont exempts de travail et qu’on voit errer dans les villages. Quand un de ces animaux vient boire ou manger dans la calebasse d’une femme sans qu’il y soit convié, le fait est considéré par la brave femme comme une bonne fortune.
Par la suite j’ai appris de la bouche de notables musulmans que la libération des captifs était recommandée par les livres saints. Le Coran en effet contient un paragraphe dans lequel il est dit : « Quand un esclave te demandera sa liberté par écrit, tu la lui donneras, en y ajoutant une partie des biens que le seigneur t’a prodigués. »
J’ai du reste remarqué que tous les esclaves libérés avaient reçu une instruction religieuse assez complète et qu’ils savaient tous lire.
C’est une mesure très louable, puisque l’esclavage ainsi compris n’est qu’une mesure civilisatrice.
[82]Le colonel Archinard, depuis ma rentrée, a placé le territoire du Sâro sous notre protectorat.
[83]Mangha veut dire en poular : grand.
[84]Lakh lalo des Wolof.
[85]Doufiné, en bobo-niéniégué, veut dire « Dieu ».
[86]Les derniers que l’on rencontre en allant vers l’est.
[87]Textuellement : « homme faisant fonction de roi ».