[113]Comme dans tous les pays soudanais que j’ai visités, on ne rapporte jamais la tête des lièvres dans le village : cela porte malheur, paraît-il.

[114]Les Mossi désignent les autres peuples voisins sous des noms particuliers, dont quelques-uns ont déjà été signalés par Barth. Ce voyageur, probablement par suite d’une mauvaise transcription, dit que les Mossi nomment les Haoussa : Sangoro, c’est Zang-ouér’o qu’il faut lire. Il convient aussi d’ajouter à cette nomenclature : les Tombo, qu’ils nomment : Kibga ; les Gourounga (habitants du Gourounsi) ; les Lakhama, qu’ils appellent Nokhorissé. Les Mandé sont appelés Tauréarga et encore Zauréarga ; les Peuls : Tchilmigo ; les Pakhalla : Kouakhallakha, et les Songhay : Marenga.

[115]La lettre r’, que j’aurai souvent l’occasion d’employer, représente un son très répandu dans le langage mossi. Ce son est moins dur que celui du خ arabe, que je représente toujours par kh ; il équivaut au غ arabe ; en commençant il est toujours prononcé avec difficulté par les Européens. Peu à peu l’oreille s’y fait cependant et l’on arrive à le prononcer assez aisément par la suite.

[116]Naba est un titre qui signifie en mossi : maître, seigneur, roi, chef ; pour se distinguer des autres naba, le chef suprême du Mossi porte le titre de naba sanom (roi or) ; il est désigné aussi souvent sous le nom de Mor’o naba (roi des Mor’o, des Mossi). Son prénom est Makha, et son nom de famille Gomma.

[117]Le Yatenga n’appartient pas à Naba Sanom : le souverain de ce pays est absolument indépendant, il réside à Ouadiougué et entretient des relations amicales avec le Mossi (pour plus de renseignements, voir la fin de ce chapitre).

[118]La mission dont il s’agit est vraisemblablement l’expédition du lieutenant allemand von François, qui remontait du Togo vers Gambakha.

[119]Pendant mon séjour à Oual-Oualé, plus tard j’appris, par des Mossi venant de Waghadougou, que pendant que j’étais chez Naba Sanom, la nouvelle de l’arrivée à Gambakha d’un blanc et de trente hommes armés troubla Naba Sanom ; le bruit se répandit bientôt que j’étais l’avant-garde de cette expédition. On conseilla au naba de me conserver à Waghadougou comme prisonnier en attendant les événements ; mais les musulmans influents, consultés, déclarèrent qu’il fallait me renvoyer et m’empêcher de rallier l’expédition de Gambakha. C’est pourquoi je fus dirigé vers Boukary Naba et le Dafina.

[120]Le gombo est un légume très mucilagineux et bienfaisant par excellence. Il pousse après de longues tiges, a la forme d’une corne d’abondance d’environ cinq à dix centimètres de longueur. L’extérieur est velu et l’intérieur renferme une grande quantité de grains ronds. Les indigènes s’en servent surtout pour les sauces. Ce légume est connu au Brésil, aux Antilles, aux États-Unis et en Turquie. Les Arabes l’appellent mouloukaïa.

[121]Volta Blanche.

[122]Il n’existe aucun centre désigné spécialement par le mot Yatenga, c’est le nom d’un pays assez vaste situé entre le Mossi et le territoire des Tombo. (Voir la fin de ce chapitre.)