Écroulement d’un pont sur la Koba.
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Le cé ou karité (Bassia Parkii) a été décrit par tous les voyageurs, mais la manière d’en extraire le beurre n’a jamais été expliquée que d’une façon incomplète ; comme j’ai eu l’occasion de le voir préparer aujourd’hui, je vais donner quelques détails.
L’écorce verte étant enlevée et la châtaigne bien séchée, soit à la fumée, soit simplement cuite à l’eau, est décortiquée, lavée dans plusieurs eaux et exposée au soleil.
L’amande est ensuite pilée et réduite en granules de la grosseur d’un pois cassé, qui sont mis de suite sur le feu, dans des pots en terre. On remue jusqu’à ce que ces granules soient fondus et présentent la consistance d’une pâte ; cette préparation d’un beau brun dégage une très bonne odeur rappelant le chocolat. Cette pâte est ensuite broyée entre deux pierres afin d’écraser les grumeaux qui pourraient rester ; puis elle est bouillie dans de l’eau. On écume la graisse qui nage à la surface et on la triture avec les mains une fois refroidie, puis elle est recuite sans eau pour l’épurer ; quand elle est bien liquide, on la verse dans des calebasses de grosseurs variables suivant le poids du pain que l’on veut obtenir, en ayant soin de laisser au fond du chaudron les corps étrangers.
La graisse refroidie est d’un blanc un peu verdâtre, de la consistance de la cire, on l’emballe dans de grandes feuilles d’arbre et le pain est ficelé à l’aide de fibres d’écorces d’arbre.
Son goût est nauséabond quand on s’en sert pour la cuisine sans l’épurer. Pour s’en servir utilement, il suffit de jeter un peu d’eau dans la graisse bouillante pour faire disparaître tout mauvais goût.
Cette graisse est souveraine pour les douleurs rhumatismales et les courbatures, on s’en frictionne les parties malades après l’avoir fait légèrement chauffer. Après de grosses fatigues les noirs ne manquent jamais de l’employer et je me suis toujours bien trouvé de les imiter à ce sujet.
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11 septembre. — Une heure après avoir quitté Dialanicoro, je rencontrai six cavaliers qui venaient au-devant de moi pour me prier de passer la journée à Dialacoroba. Je les remerciai en leur disant que j’avais un long voyage à faire et qu’il m’était impossible de m’arrêter dans tous les villages. J’y passai cependant une heure pour leur faire plaisir.