« Cette lettre émane d’El-Hadj Mahmadou Lamine, fils d’El-Hadj Mohammed Zeïn, dont le frère se nomme El-Hadj Ibrahim Silaouani, Glaive de Dieu et Glaive de l’Élu.

« Nous saluons un million de fois tous les musulmans. Or le chrétien porteur de cette lettre — il se nomme Binger — se dirige vers Kong.

« O Dieu ! ne le retiens aucunement, ne l’arrête aucunement et ne barre pas sa route tant qu’il ne sera pas arrivé à Kong. Donne-lui la sécurité et conserve-le en bonne santé !

« Nous saluons Karamokho Saouty, fils de Djam El-Imamy (l’almamy) Saouty, El-Hadj l’émir.

« Nous saluons aussi la totalité des musulmans et des musulmanes, chacun d’eux et chacune d’elles. J’ai fini de parler. »

18 septembre. — Libre de me rendre où je désirais, je me mis en route le 18 septembre et fis étape à Soukhoura après avoir traversé Faradienné. Soukhoura était, il y a cinq ans, un très gros village où se tenait un marché assez fréquenté ; aujourd’hui c’est une ruine contenant une quarantaine d’habitants.

Le lendemain, après avoir traversé deux grands villages ruinés, j’arrive sur les bords du Baoulé, et commence immédiatement le passage.

Cette rivière, qui vient de Sambatiguila et reçoit de nombreux affluents, dont j’ai noté les principaux sur ma carte, coule dans une plaine en partie inondée et couverte de hautes herbes. Les rives seulement sont garnies de quelques sounsoun, dont une partie du tronc baigne dans l’eau ; son courant est aussi rapide que celui du Niger à Bammako et sa largeur est de 60 mètres ; cette rivière est très profonde, mais à partir du mois de janvier quelques gués sont praticables.

D’après les indigènes, le Baoulé serait formé de deux cours d’eau dont l’un passe près de Sambatiguila et l’autre près de Maninian. Tous les deux sortent des hauteurs courant entre le Kabadougou et le Ouorocoro et se détachant du massif de Gankouna.

La rivière coule entre le Bodougou et le Lenguésoro, passe à l’ouest de Narambougoula (route du Ouassoulou à Tengréla) et à l’est de Niamansala (route du Ouassoulou au Ganadougou).