Entre ce dernier village et Ténetou, elle reçoit deux affluents de gauche, le Molou et le Dji, qui se réunissent près de Koloni, et le Témou, qui servait de limite entre le Kouroulamini et le Bolou.

Au nord de Ténetou, le Baoulé reçoit les deux Mono que nous avons décrits dans notre marche de Ouolosébougou à Ténetou, puis le Banifing et le Saméko, affluents de droite (voir [chapitre II]), et enfin à gauche le Bafing ou Bananba, formé d’un faisceau de rivières portant le nom de Kocourou, de Kôba et de Bafing, qui arrosent le Djitoumo, le Kéléya et le Banan ; cette rivière n’est pas navigable, elle passe à l’ouest de Bobala (Safé) et se jette dans le Baoulé près de Ouolocoroba.

A partir de ce dernier village, le cours du Baoulé s’incline légèrement vers le nord-est et coule parallèlement au cours du Niger en traversant le Ségou. En saison sèche, le Baoulé est guéable en divers endroits ; le gué de Sentilonkané, entre autres, est très fréquenté. Aux environs de Souroucoro, sur la route de Ségou au Kénédougou, le Baoulé se jette dans le Bagoé, dont il est le principal affluent.

Ba-oulé veut dire en mandé « fleuve rouge », et Mayel-Balével a la même signification en peul.

Le service du passage est assuré par une pirogue de 5 mètres de longueur ; aussi ai-je mis presque toute la journée à effectuer le passage de mes bagages et de mes animaux. Sur la rive droite, où je campe, je trouve des gens revenant de la colonne ; tous sont dans un état de santé déplorable, et, parmi eux, il y a des mourants ; ils se battent sur la rive à qui passerait le premier. La plupart d’entre eux sont d’une faiblesse extrême, ils se sont nourris des mois entiers de tiges de maïs, de feuilles et de crudités. Maintenant ils sont relativement heureux ; s’ils ne sont pas près de leur village, au moins, dans deux ou trois jours, ils auront échappé à une mort certaine, car ils seront sortis de la zone déserte qui sépare le Baoulé de Sikasso.

Les enfants bousculent des adultes sans force et les font trébucher dans la rivière, c’est indescriptible ; d’autres sont assis au bord de l’eau et ne cherchent même plus à passer : ils attendent la mort.

Des places, il n’y en a pas dans l’unique embarcation, et ils n’ont pas la force de gagner l’autre rive à la nage ; leur air résigné m’impressionne et me navre. J’ai hâte de quitter ces lieux.

Morts et mourants sur les bords du Baoulé

La région entre Ténetou et le confluent du Mono et du Baoulé se nomme Banimonotié (entre fleuve et Mono) ; les villages se composent d’une série de groupes de cases espacées de 100 à 200 mètres les unes des autres à la manière des villages serrères du Diankhine, près de Thiès (Cayor). Les cases sont en terre, mais rondes, avec toits en chaume. C’est une colonie du Ouassoulou qui est fixée ici depuis fort longtemps, la plupart d’entre eux sont des Diakhité et des Sankaré.