Foulaboula compte au moins vingt ruines ; c’est dans la plus grande d’entre elles qu’il reste quelques habitants. Bougouni, qui est situé près du passage du Baoulé, n’en compte que quatre. Le marché, ici, n’existe plus depuis l’annexion aux États de Samory.

Dans la journée, un griot m’apprit que le frère de Famako (chef de Dialacoro, près Bammako, rive droite), revenant de la colonne, était porteur d’une lettre de l’almamy pour moi ; mais, me croyant encore à Ténetou, il avait bifurqué à Ouré pour passer le fleuve à Foulaboula.

Trois heures après, cet homme arriva ; il était épuisé ; il y avait six jours qu’il avait quitté la colonne. Je lui fis donner quelque nourriture et des kolas, ce qui parut lui faire plaisir.

Voici la traduction de la lettre de Samory :

« Au nom de Dieu, le clément, le miséricordieux !

« Louanges à Dieu l’unique ! Que les bénédictions et la paix de Dieu soient sur Mahomet !

« Mille et mille salutations et mille souhaits au chrétien qui vient dans notre pays.

« Ma situation n’est pas comme je la voudrais, les guerriers que j’ai sont nombreux, mais si tu pouvais m’amener 30 tirailleurs noirs avec 5 blancs et quelque chose de plus formidable (du canon probablement), nous prendrions Sikasso en une heure.

« Je compte sur toi et notre alliance ; certes, cela ne va pas trop bien au camp.

« Mille et mille souhaits à tous les chrétiens et à leur chef.