Toute la poterie, ainsi que les tuyaux, sont en belle terre rouge, bien moulée et enjolivée de petites ornementations en creux.

Les pipes ne sont pas faites directement avec de la terre glaise, mais avec de la vieille poterie réduite en poudre entre deux pierres, et de laquelle on forme une nouvelle pâte ; de cette façon, la pipe conserve moins le goût acre et terreux propre aux pipes neuves.

Quelques femmes revenant de chercher de l’eau n’avaient pour tout costume qu’une feuille qui, pour n’être pas de vigne, n’en était guère plus grande pour cela ; il n’est pas rare, dans cette région, de voir des jeunes filles et même des femmes se promener non vêtues, mais alors c’est une bande d’étoffe qui les habille ; la feuille, je ne l’avais pas encore vue. Ces femmes étaient-elles Sénoufo ou des captives venant d’un autre pays ? Je n’ai pu le savoir. Le lendemain, j’ai encore vu une de ces femmes ramasser des chenilles sur de jeunes cé ; ces chenilles sont vidées sommairement et séchées. Elles servent dans la préparation des sauces de to ; on ne mange que la chenille du cé (cétombo).

Ustensiles employés à Kourala.

J’ai vu à Kourala des lits très bien faits en palme et bambou, des nattes en forme de store, bien agencées, et beaucoup de vaisselle en fer faite par les forgerons du pays.

La chasse me paraît être en honneur chez les Sénoufo ; beaucoup de cases de Kourala sont ornées à l’extérieur de têtes d’animaux en trophées. Les têtes de biches de toutes les variétés y figurent en abondance, viennent ensuite quelques têtes de tankho (grande antilope à bosses, à fortes cornes courbées en arrière à angle presque droit) et quelques têtes de phacochère (sanglier). J’y ai vu aussi une tête ressemblant à celle d’un très gros chien : d’après la description qui m’a été faite, ce serait une tête de loup ou de quelque animal de ce genre, malheureusement je n’ai pu en retenir le nom. Dans quelques villages sénoufo détruits que j’ai traversés, le tronc des gros baobabs et des bombax est couvert jusqu’aux basses branches des mêmes têtes d’animaux.

La coiffure des hommes et des femmes est très variée : la plus commune consiste en petites touffes ou boucles sur chaque tempe et dans la nuque, ou en plumes blanches piquées dans les cheveux. Ils portent également dans les touffes, en guise de peigne, de petits stylets en corne.

Le tatouage consiste en trois entailles qui partent de chaque coin de la bouche pour se terminer en éventail à la hauteur des oreilles.

A l’extérieur des villages, généralement sous le plus gros arbre, se trouve une petite case en terre, sans toit, de forme variable ; cette case sert au culte que pratique ce peuple ; ce sont des cases pour le komo, m’a-t-on dit. Tout ce que j’ai pu en savoir, c’est que les Sénoufo se livrent à peu près aux mêmes pratiques que les Bambara pour le nama, qui chez eux s’appelle komo.