Plan de Natinian.
Actuellement les récoltes sur pied sont gardées par deux kokisi, et dans le diassa no 2 il y a une dizaine de jeunes sofas qui ont pour mission de surveiller la ligne de ravitaillement. Cette ligne est très souvent coupée par des bandes de Bambara venus du nord, obéissant à Dioma, chef de Kinié. Ce chef a succédé à Faffa ; il commande une partie du Dolondougou, et quelques villages du Baninko et du Diédougou lui sont soumis.
Fragment de l’enceinte de Natinian.
Ce Natié, ou Natchié, ou Natinian, est le Natche que Barth donne dans un de ses appendices, à la suite d’un itinéraire de Ségou à Djitamana, comme se trouvant sur la route de Djitamana à Tengréla. Cette route passe, en effet, à Fo, Natié et Dandirisso, et traverse le Badié un peu au sud de Fala, entre Kobi et Maribougou.
Barth, sur sa carte, porte ces localités entre Menguéra et Kong, et les nomme Fo, Natche, Dirisso.
Une heure après être sorti de Natinian, on atteint le point le plus élevé du plateau que l’on commence à gravir dès la sortie du village. De ce point, on voit dans le lointain un grand plateau dénudé aux pentes très douces ; c’est là que sont campées les troupes de l’almamy, et c’est sur l’autre versant que se trouve Sikasso. Dans l’est et dans le sud on aperçoit une chaîne de hauteurs dont j’estime les sommets les plus élevés à 1000 mètres d’altitude. A cinq heures et demie, on passe deux rivières près de leur confluent : l’une est facile à traverser, l’autre, au contraire, est large et profonde. Toute la plaine environnante est inondée : hommes et animaux s’embourbent ; il faut une bonne demi-heure pour arriver sur le terrain solide.
Sur les bords de ces ruisseaux et avant de les franchir, il y a un premier diassa (palanquement), gardé par une cinquantaine d’hommes qui avaient des sentinelles sur les bords du marigot. Ce poste, dont je n’ai pas vu de suite l’utilité, est là depuis le début de la campagne ; il est environ à trois kilomètres en arrière de la ligne des palanquements, et place des sentinelles face au sud ; il doit être destiné à opposer un premier effort à des troupes de secours venant de la direction Tengréla.
Un quart d’heure après avoir franchi ce mauvais marigot, je vois arriver une quinzaine de cavaliers, parmi lesquels je reconnais Karamokho. Ce prince porte une culotte indigène en guinée, une vareuse de tirailleur sénégalais dont le galon en laine jaune est noir de crasse, une cuirasse et un casque avec plumet tricolore ; il monte un cheval que le capitaine Péroz a donné à son père ; son armement consiste en une épée de médecin de l’armée.
Il m’aborde en me disant bonjour en français, et me demande des nouvelles de tous les officiers dont il a su retenir les noms ; de temps en temps, il me dit : « France, il y a bon ».