Tous les chefs auxquels j’ai parlé de leur ordre de combat m’ont dit que les guerriers marchaient tout simplement autour de leur chef, et tiraient des coups de fusil. Au moment de l’assaut, ils poussent le cri répété de couâ ! couâ ! qui rappelle celui du canard ; les chefs brandissent en l’air leur sabre ou la hache de guerre qui sont les emblèmes de commandement.
La hache est généralement en argent et très mince ; elle est toujours renfermée dans un étui en peau de chat-tigre dont la queue est cousue après la poignée et sert d’ornement. Cette hache de parade est portée par un bilakoro.
Quelques chefs ont des pavillons : ce sont simplement des morceaux d’étoffe (du calicot ou de la guinée) noués à un bambou ou une tige de mil. Ces drapeaux ne sont pas des emblèmes, on n’attache aucune importance à leur prise, ils ne servent qu’aux ralliements.
Le noir de ces régions ignore le sentiment d’honneur des peuples civilisés pour leur drapeau, et jamais il ne se fait tuer pour lui.
Les guerriers de Samory semblent avoir emprunté le pavillon aux troupes toucouleur d’Ahmadou, chef du Nioro, qui, d’après ce que nous apprend Mage, ont un semblant d’organisation.
Les instruments servant aux sonneries sont très variés ; les griots[24] tirent des sons de toutes les cornes d’animaux. La plus répandue est le boudofo (corne de dagué, sorte d’antilope) qui est simplement percée d’un trou près de l’extrémité, et le bourou, instrument donnant à peu près les mêmes sons et disposé de la même manière, avec cette différence qu’il est fabriqué avec une défense d’éléphant.
Les sonneries que l’on peut faire à l’aide de ces instruments sont naturellement très limitées, j’en ai toujours entendu tirer les mêmes sons, cependant ils sont très facilement compris, vu que le matin de bonne heure cela veut dire « En route ! » et le soir « Halte ! nous campons ici ».
Un tabala et ses deux porteurs.
Le vrai instrument avec lequel on peut donner des ordres est le tabala, que nous pouvons comparer à notre tambour.