Jeudi 6. — En sortant de Zangouéla on tombe dans la plaine herbeuse que traverse le Baniégué qu’on longe pendant trois quarts d’heure avant d’arriver au point de passage ; ce terrain est difficile à traverser, il y a des endroits où hommes et animaux enfoncent jusqu’au jarret.
Un hourrah de joie m’accueille à mon arrivée : mon personnel, que j’avais dirigé du Baoulé directement sur Bénokhobougoula, est sur la rive opposée et salue mon retour. Le voyage de mon convoi s’est effectué sans incident, les ânes sont relativement en bon état et les bagages ne sont pas tombés trop souvent à l’eau, mais mes malheureux noirs ont eu toutes les peines du monde à se procurer juste de quoi ne pas mourir de faim.
CHAPITRE III
Limites, superficie, population, système orographique et hydrographique, productions, description des diverses régions qui constituent le domaine de Samory. I. Région entre Niger et Milo. II. Régions situées au nord du Ouassoulou. III. Région située à l’ouest du Ouassoulou. IV. Le Ouassoulou, grande route commerciale qui le traverse. V. Provinces au sud du Ouassoulou ; un peu d’histoire. VI. Provinces situées à l’est du Ouassoulou. — Ganadougou. — Provinces Siène-Ré ou Sénoufo. — Le groupe sud Folou, Kabadougou, etc. — Itinéraires et région entre le Ganadougou et le Ségou. — VII. Provinces placées sous le protectorat de Samory. — Le Toukoro, le Gankouna, le Toma. Demba, mon esclave toma libéré, sa passion pour la viande de chien. — Le Ouorodougou et sa division territoriale. Les chemins qui mènent au marché à kolas. — Quelques mots sur les Lô et le commerce du kola. — Le courtage dans cette région — Difficulté de pénétrer dans cette région. — Histoire de Samory. — Version de la cour. — Ma version. — Les débuts de la fortune de l’almamy. — Résumé succinct de ses conquêtes par ordre chronologique. — De la façon dont son pays est administré. — L’esclavage est florissant chez lui. — Son pays est à peu près ruiné. — Causes de la dépopulation. — Pourquoi il y a lieu de protéger les confédérations et de supprimer les grands États nègres.
NOTES SUR LES ÉTATS DE SAMORY
Les limites politiques des États de Samory, placés sous notre protectorat depuis le commencement de l’année 1887, sont : au nord, les États du Ségou, gouvernés par Madané ; à l’est, les États de Tiéba, le Kantli et le Niéné (provinces ayant Tengréla et Bong comme capitales) ; au sud, le Ouorodougou et une série de petits États que nous énumérons plus loin, et qui, tout en se trouvant sous le protectorat de Samory, ne sont pas occupés militairement par ses troupes. Ces États s’étendent jusqu’aux confins de la république de Liberia, qu’ils limitent au nord.
A l’ouest, la colonie anglaise de Sierra-Leone et le Soudan français. Seul le Niger, depuis ses sources jusqu’à hauteur de Bammako, constitue une limite naturelle. Il sépare les États de Samory du Soudan français. A l’est, la frontière était jadis constituée par le cours du Bagoé, mais les incursions faites par les propres troupes de Samory et celles de son voisin Tiéba dans cette région ont singulièrement déformé la frontière. Aujourd’hui Samory possède, sur la rive droite du Bagoé, Komina et Fourou, tandis que Tiéba a comme pointe avancée sur la rive gauche une partie du Niénédougou avec nangalasou ; il a aussi enlevé à l’influence de Samory le Moro, le Kantli, une partie du Fadougou et le Niéné.
Ces pays forment actuellement une province autonome ayant Tengréla et Bong comme capitales, mais reconnaissant la suzeraineté de Tiéba.
La superficie des États de Samory occupés militairement est d’environ 160000 kilomètres carrés. Mais la surface totale de tous les États qui lui obéissent directement et de ceux qui ont accepté son protectorat atteint environ 300000 kilomètres carrés.