Tout ce que j’ai pu apprendre sur eux, c’est qu’ils sont d’un beau noir, comme les Wolof, et qu’ils ne parlent ni le mandé ni l’agni.
Leur pays serait traversé en partie par un grand cours d’eau coulant vers le sud et barré de nombreuses chutes. Il n’y a pas de montagnes élevées chez les Lô ni dans le Ouorodougou ; mais le pays est très fourré et se trouve presque entièrement situé dans la zone de la végétation dense. Les indigènes, comme chez les Gân-ne et les Agni de la vallée du Comoé, transportent tout dans des hottes, retenues par trois bretelles, dont l’une ceint le front. Ce mode de transport leur permet de se faufiler plus aisément à travers la brousse.
Dans le pays des Lô, on récolte plusieurs variétés de poivre, dont l’une, connue sous de nom de feffé, est transportée par tout le Soudan pour être mélangée à l’antimoine, tant prisé par les indigènes pour se maquiller les yeux.
Les Lô, paraît-il, outre les relations qu’ils entretiennent avec les gens du Ouorodougou, font aussi des achats à un peuple qui habite près de la mer (les Jack-Jack fort probablement).
Le Ouorodougou (pays des kolas) et le Ouorocoro (pays à côté des kolas) ne sont pas des pays de production du kola, comme le fait supposer l’étymologie de leur nom.
Ces pays ne se trouvent que sur les confins des pays à kolas ; ainsi :
A Karandougou, dans le Ouorocoro il y a un arbre à kolas ;
A Sakhala, Kani, Siana et Touté il n’y a encore qu’un, deux ou trois arbres au maximum. Dans quelques autres villages également, on en trouve un ou deux ; je tiens ces renseignements d’un Dioula ruiné, nommé Kéléba, que j’ai engagé à Médine comme ânier ; il est originaire de Tombougou (Ouorodougou) et a été élevé à Sakhala.
Un de mes captifs libérés, né à Ouorocoro, et mon palefrenier, Mouça Diawara, ont été deux fois à Kani et à Sakhala y acheter des kolas. Comme ils étaient trop pauvres pour travailler à leur propre compte, ils gardaient les ânes pendant la route, et, le voyage terminé, on les a payés avec quelques centaines de kolas.
Voici comment se fait, d’après eux, le commerce de kolas dans cette région.