Le plus ancien en date dont on se souvienne dans l’Anno se nommait Diâné ; c’est celui qui a tué Fofié (roi du Bondoukou). D’après l’âge de deux vieillards qui disent l’avoir vu quand ils étaient enfants, il devait régner vers 1823.
| Puis vinrent : | Morou, jusqu’en 1835 ; |
| Diamdiâne, jusqu’en 1842 ; | |
| Bomma, jusqu’en 1849 ; | |
| Famissa, jusqu’en 1856 ; | |
| Bomma Koummonaba, jusqu’en 1875 ; |
Et enfin Kommona Diaou, ou Kommona Gouin, ou Cabran Gouin, chef actuel.
A ce dernier succédera son frère Diangoué, qui est le prince héritier.
Depuis l’avènement de Diâné, les chefs de l’Anno ont toujours été musulmans. Avec l’avènement de ce chef et sa conversion à l’Islam il s’est produit une grosse perturbation dans le mode de succession au trône. Avant, le prince héritier était toujours, comme chez les peuples de race agni, le neveu (fils de sœur) du roi, tandis qu’en ce moment la succession, tout en étant latérale aussi, comprend d’abord les frères par rang d’âge, puis l’aîné des fils de frère, — quand les choses se passent normalement, car très souvent le pouvoir est usurpé, comme dans tous les gouvernements nègres.
Situation politique. — Avant la décadence de l’Achanti, l’Anno était l’allié de la cour de Koumassi et agissait de concert avec elle contre le Bondoukou et l’Abron, de sorte que jamais l’Anno n’a vécu en bonne intelligence avec ses voisins de la rive gauche du fleuve ; ils ne se font cependant pas la guerre, grâce à la médiation des Mandé musulmans de Groûmania et du Barabo : il n’y a jamais de gros conflits ; leur animosité mutuelle ne se traduit que par des confiscations de marchandises qui s’opèrent généralement dans l’Indénié.
Kommona-Gouin.
L’Anno a aussi de temps à autre des démêlés avec le Baoulé, mais ces querelles ne sont que locales et ne s’étendent guère qu’aux gens du Baoulé qui habitent Amakourou, à deux étapes dans l’ouest de Ndiénou. En somme, ce pays est très tranquille ; il est même fort heureux pour nous que l’Anno ne soit pas l’allié du Bondoukou, chacune de ces régions ayant une importance considérable par ses voies de communication qui débouchent de l’Indénié. En cas d’hostilité ou de guerre dans l’un des deux pays, on peut prendre ou la rive droite ou la rive gauche du Comoë.
J’ai donné, au [chapitre Bondoukou,] les principales routes de l’Abron et du Bondoukou par la rive gauche du Comoë ; voici d’autre part les communications qui existent entre l’Anno et l’Indénié par la rive droite de ce même fleuve.