Avec cette sauce on mange soit de l’igname bouillie, soit de la banane verte cuite à l’eau et pilée pour en former un pain consistant.
Portes sculptées.
Pour bien savourer le fouto, ou arié, pour parler agni, il faut le manger sans fourchette : on prend avec les doigts une motte de pain de bananes que l’on trempe dans la sauce, tout en rongeant une cuisse ou une aile de poulet. Moyennant quelques perles ou tout autre petit cadeau, on trouve toujours une femme assez complaisante pour vous préparer un fouto ; elles y mettent même un certain amour-propre, et c’est avec une véritable fierté qu’elles vous regardent savourer leur plat national.
C’est cette huile de palme qui donne lieu à un si important commerce d’échange sur toute la côte occidentale d’Afrique. Elle est expédiée en tonneaux de 500 à 600 kilogrammes, appelés ponchons, sur les marchés de Marseille, de Liverpool et de Hollande.
Les alcalis, tels que la potasse et la soude, la saponifient et forment avec elle des savons jaunes, blancs ; on en obtient même de la bougie.
A Kong cette huile se nomme tintoulou.
Le palmier à huile fournit encore une autre graisse, qui est extraite de l’amande concassée. Le rendement est moins considérable et ne doit pas dépasser 40 pour 100. A Kong et dans les pays mandé on nomme cette huile tingolotoulou.
Vers la côte, les indigènes se bornent à vendre l’huile de palme rouge aux factoreries et à y apporter les amandes, qui sont expédiées en sacs vers l’Europe, où elles sont traitées pour la saponification, la stéarine et même souvent pour le beurre.
La coque de l’amande, découpée en rondelles par les indigènes, leur sert à se fabriquer des colliers.