2o Le foé, ce singe noir à poil long et à tête et queue blanches dont j’ai fait la description plus haut ;

3o Le kouamé, genre de cynocéphale à poil gris très clairsemé. Ce singe, qui est très laid avec sa face ladre, se distingue surtout par des callosités prononcées aux fesses ; il passe pour être aussi intelligent que le cynocéphale, dont il doit être proche parent ;

4o L’assibé, singe de taille moyenne, à la fourrure d’un vert jaune avec le ventre gris blanc et la figure noire ; il ressemble au singe que nous appelons au Sénégal singe de Podor, mais son pelage est beaucoup plus clair ;

5o L’adéré, presque de la même couleur que le précédent, mais portant sur le bout du nez une belle tache toute blanche qui l’a fait surnommer par les Européens pain à cacheter ;

6o Le kômo, de petite espèce, pelage foncé à reflets noirs, verts et bleus ; il pousse fréquemment un cri qui l’a fait surnommer kômo ;

7o Le tah-hié, au pelage noir à long poil, avec la figure et le ventre rouge brun. Cet animal est un des plus intéressants que je connaisse ; il fait des sauts étonnants en largeur sans se servir de ses mains, simplement en se ramassant sur son arrière-train, qui se contracte et se détend comme un ressort ; en retombant, il lève les bras en l’air en appliquant les principes de gymnastique qu’on nous enseigne au régiment et à Joinville ;

8o Le tié, le plus joli des singes que l’on puisse rêver. Sa robe est d’un gris irisé, et son dos dans le sens de l’épine dorsale est partagé en deux par une bande de poils rouge feu. Il a le ventre blanc, et sa tête est encadrée d’une belle barbe blanche se terminant par une longue barbiche, blanche également, qu’il se laisse volontiers caresser quand il est apprivoisé.

9o Enfin le chimpanzé, qui est rare[52].

Les peaux les plus marchandes sont, dans l’ordre de préférence, celles des foé, tié, tah-hié, assibé, adéré et kômo ; celles du cynocéphale et du kouamé sont utilisées par les indigènes pour les usages domestiques.

Au premier abord on pourrait croire que l’on éprouve une certaine répugnance à manger la chair de ces animaux, et qu’elle doit être très coriace. Le fait est vrai pour quelques variétés de singes, surtout pour le cynocéphale, qui est peu comestible ; mais dans ces forêts le singe ne vit pas exclusivement de fruits, il se nourrit surtout de jeunes pousses d’arbres, et quelques-uns d’entre eux, tels que le tah-hié et le foé, n’arrivent à manger des fruits qu’après un acclimatement progressif.