Le district de Tiassalé, sur le Lahou ou Bandamma, au nord de Bouboury, parle l’agni. Il est habité par des gens de même race que ceux de Grand-Bassam, d’Assinie, de Krinjabo, etc. Mais vers l’embouchure du fleuve, dans l’Adou, les gens parlent un idiome se rattachant au groupe des langues de la côte de Krou. A l’ouest de la rivière et vers son embouchure, les habitants se nomment Gléboé, Grébo ou encore Gléboy ; ils sont de même famille que les Kroumen qui habitent la côte entre les Gléboé et les Libériens, avec lesquels ils sont souvent en guerre.
Notre influence s’étend vers l’ouest jusqu’à quelques kilomètres à l’est du cap des Palmes ; elle est marquée par la rivière Cavally. Nos droits sont incontestables sur cette région ; ils s’étendent même sur l’enclave de Garoué, à l’ouest du cap des Palmes. La côte entière nous appartient, du Cavally au Tanoë ; elle a une étendue de près de 5 degrés en longitude, et nos droits à l’intérieur sont incontestables.
Pendant l’occupation de cette région, l’amiral Fleuriot de Langle a cherché à avoir des renseignements sur l’intérieur. Voici ce qu’il écrit dans le Tour du Monde (deuxième semestre 1873) :
« La rivière de Grand-Bassam, celles connues sous le nom de rio Fresco, Saint-André, Biribi, Cavally, seraient les déversoirs d’une lagune intérieure, recevant toutes les eaux qui s’écoulent des monts Kong. Les Grébo nomment cette lagune Glé ; ils affirment que ses eaux sont profondes, qu’elle a 4 milles de largeur et que les naturels la parcourent depuis les Lahou jusqu’au-dessus de Biribi et de Cavally.
« Une population blanche, à laquelle les gens de Biribi donnent le nom de Paï-pi-bri, fait sa demeure sur la rive nord ; les Paï-pi-bri se confondent probablement avec les tribus qui sont désignées sous le nom de Paw par les missionnaires anglais du cap Mesurado et du cap des Palmes, et qu’ils disent être de couleur claire. »
D’autre part l’amiral nous dit dans cette même relation, page 378 :
« Baouré est situé sur une grande lagune large de 7000 à 8000 mètres, les naturels la nomment Gindé.
« On peut aller de la rivière Comoë à Baouré. Les escales sont au nombre de sept. On met huit jours à exécuter le voyage. Il faut remonter jusqu’à Goffin (?), appelé aussi Costrine (?). Si l’on veut éviter le détour, on s’arrête à Agnasoui (Aniasué), ou l’on gagne Baouré à pied en un jour.
« Agnima, chef d’Abidjean, né à Baouré, déclara également que la rivière de Baouré est large comme la lagune devant Dabou, qu’on peut aller de Dabou à Baouré en quatre jours et qu’on passe huit marigots dont l’un est aussi large que la lagune de Grand-Bassam.
« La rivière de Gindé va se jeter au cap Lahou. Il y a cinq stations, deux par eau et trois par terre, entre Débrimou et Baouré.