Voici d’autre part les renseignements que j’ai obtenus à Dabou et dans l’Anno sur les régions qui nous occupent :

Le Baoulé, dont j’ai indiqué plus haut les limites, serait arrosé par le Lahou, ou Bandamma, ou Baoulé, ou Gindé, ainsi que par le Nji ou Isi, ou rivière Agnéby ou de Dabou ; cette rivière recevrait elle-même comme affluent de gauche le Ndo, qui arrose une partie du Djammara.

Il pourrait aussi se faire que le Nji ne soit pas à identifier avec l’Isi. L’amiral Fleuriot de Langle affirme que les indigènes le disaient affluent du Bandamma, mais je crois que c’est peu probable. Comme je l’ai dit plus haut, les indigènes considèrent la lagune comme un fleuve et ils disent volontiers (dans le Bondoukou et l’Anno) que le Comoë, qui pour eux est la même chose que la lagune, reçoit l’Isi et le Bandamma, etc.

Voici quels seraient, d’après mes renseignements, les villages les plus importants du Baoulé : Aoussoukrou, Congo-Dahoukrou et Ammakrou, appelé aussi Kabana-Mpokoukrou. Mais je n’ai pu me procurer aucune notion sur l’emplacement exact ni sur l’importance de ces centres.

Les chefs les plus influents du Baoulé seraient : Alagoua et Anancocoré, chefs souverains, puis viendraient Aoussou et Kabana-Mpokou.

La population serait composée en majeure partie de Gan-ne, dont nous avons eu occasion de parler plus haut, et de quelques colonies agni. Ce pays semble ne pas être placé sous l’autorité d’un seul chef et paraît plutôt vivre en confédérations.

Le Morénou, beaucoup moins étendu, a pour limites au nord et à l’ouest le Baoulé, à l’est le Comoë et l’Indénié, et au sud l’Attié.

Ce pays n’aurait qu’un seul chef, nommé Tanqouao, et l’héritier présomptif se nommerait Cassiqouao.

Les villages principaux du Morénou, d’après mes informateurs, sont : Abangua, Créby, Daresso, Andé et Arrah, qui serait la résidence de Tanqouao.

L’Attié, qui s’étend le long du Comoë, au sud du Morénou et à l’ouest du Bettié, est un pays sur lequel il m’a été à peu près impossible de trouver des renseignements. Limité à l’ouest par le Baoulé et au sud par l’Ébrié et le Potou, ce peuple vit à peu près isolé de tout le monde et semble n’avoir que des rapports d’hostilité avec ses voisins. Embusqués avec leurs pirogues dans la végétation, le long de la rive droite du Comoë, le long de l’Indénié et de l’Alangoua, ils tombent à l’improviste sur les pirogues de marchandises qui remontent isolément le fleuve. Il doit être difficile de porter la guerre dans leur pays, puisqu’on ne le connaît pas. Les gens d’Aniasué et d’Abradine m’ont dit que la poursuite était impossible chez eux, qu’on ne pouvait les châtier qu’en s’emparant d’eux sur le fleuve. C’est pour cette raison que je n’ai pu obtenir aucun détail sur leurs villages importants et sur les chefs qui les commandent. Le dialecte qu’ils parlent diffère de celui des Gan-ne du Baoulé, de l’Agni et de l’Ébrié.