Daboya ne pouvant pas procurer le sel en assez grande quantité, Salaga arrive à en placer avantageusement à Boualé et surtout à Oua, où l’on trouve beaucoup de captifs, provenant de prises faites par les bandes de Babotou, qui continuent à guerroyer chez les Gourounga.

Une partie du sel va aussi sur Kintampo ; car ce marché est très souvent coupé de ses communications directes avec la mer à cause des guerres que se livrent entre elles les tribus achanti à cheval sur la route Atéobou et Abétifi par Konkronsou et sur celle de Kintampo à Koumassi par le Coranza. Les marchandises sont aussi soumises à des droits parfois élevés chez les divers cabocir achanti, de sorte qu’il y a avantage à faire passer le sel par la route de Salaga, qui est sûre et toujours libre. On rapporte de Kintampo le kola rouge de l’Okwawou et du Coranza. Le sel est porté jusqu’à Bitougou (Bondoukou).

Captifs portant du bois.

Les Ton de cette région sont hostiles aux habitants de l’Anno, qui reçoivent à très bon compte le sel marin de Grand-Bassam[23] par pirogues jusqu’à Attacrou.

L’Anno ne livre pour cette raison que peu de sel sur Bitougou. Rendu dans cette dernière ville, le sel de Salaga ne se vend que 24000 cauries la charge, étant en concurrence avec le sel de Grand-Bassam. On rapporte de Bitougou soit le kola blanc de l’Anno, soit de la poudre d’or ou de la cotonnade rayée bleu et blanc de Djimini.

2o La poudre de guerre est de quatre provenances : Ago (Porto Novo), Krinjabo (provenant d’Assinie et de Grand-Bassam), Dioua (Cape Coast) et enfin Accra. La poudre d’Accra n’est pas estimée, mais les poudres de provenance française sont très recherchées.

Actuellement la poudre est portée sur Oua pour la colonne de Babotou et sur Savelougou et Kompongou dans le Dagomba. Ces deux centres se font la guerre depuis près de trois mois. L’objet d’échange pour la poudre est l’esclave, naturellement, les chefs n’ayant d’autres revenus que ceux que leur procure la guerre.

3o Les armes, fusils à silex à un coup, de provenances belge et anglaise, viennent d’Accra et de Ga (Christianborg). Elles prennent le même chemin que la poudre, mais ne sont pas expédiées sur Oua, qui reçoit ses armes de Krinjabo par Bondoukou, l’Anno et Boualé (ces localités fournissent le boucanier mâle au prix minime de 12000 cauries, environ 25 francs).

4o Les kolas.