FÉLIX—Comment trouvez-vous que je les fais danser?

BÉCHARD—Mais c'est pourtant vrai qu'il a sa raison . . . Ah! pour ça, par exemple, tu ne fais pas semblant! il y a plusieurs prisonniers qui t'ont souvent donné au diable. Le geôlier m'a dit qu'on ne pourrait te garder plus longtemps. Mais tiens, tiens, c'est inutile je ne puis pas croire que tu ne sois pas fou!

FÉLIX—Mais je vous avais dit que je le serais . . .

(Camel paraît au fond de la scène.)

SCÈNE III

FÉLIX, BÉCHARD, CAMEL

BÉCHARD—Je le sais bien, mon Dieu! mais comment s'imaginer qu'un homme dans son bon sens puisse faire de pareilles extravagances. Quand je t'ai vu si fou, vrai comme je m'appelle Béchard, j'ai cru que le bon Dieu t'avait puni d'une pareille pensée et t'avait réellement privé de la raison. J'aurais mis la main dans le feu pour jurer de ta folie! Quoi! vrai, là, tu n'es pas fou?

FÉLIX—Et non; tout ce que je fais, je le combine; tout ce que je dis je l'arrange dans ma tête . . .

CAMEL, à part—Tout ça c'est bon à savoir! . . .

FÉLIX—Ah! je tape dur, hein!