Mme SAINT-VALLIER—Vous avez eu bien des aventures, M. DesRivières?
AUGUSTE—Ah! madame, on ne passe pas vingt-deux ans de sa vie à parcourir les mers les plus inconnues, les pays les plus inexplorés, sans amasser un certain recueil de ce que vous appelez des aventures.
Mme SAINT-VALLIER—Vous avez même couru de grands dangers, probablement?
AUGUSTE—La mort est une coquette, madame; elle ne veut pas de ceux qui la cherchent. Et après tout ce qui m'est arrivé sur terre et sur mer, quand je me retrouve aujourd'hui soupant tranquillement sous le toit de mes ancêtres, je me demande si je n'ai pas été l'objet d'une protection toute particulière de la part de la providence.
BLANCHE, à part—Il a dit qu'il l'avait vu, qu'il était son ami... C'est sans doute un protecteur que le ciel m'envoie... O Adrien!...
AUGUSTE—Du reste, si la chose vous amuse, vous ne me trouverez pas chiche de mes histoires, Madame; soyez tranquille.
Mme SAINT-VALLIER—Vous êtes bien aimable il me tarde de vous entendre nous raconter tout cela. Mais il commence à se faire tard, et pour ne pas vous gêner plus longtemps, vous me permettrez de me retirer avec ma fille... n'est-ce pas?
AUGUSTE—Je suis votre serviteur, madame. (Il reconduit les dames, jusqu'à la porte, et revient se mettre à table.)
SCÈNE IV
AUGUSTE, JOLIN.