JOLIN, à part—Tenons-nous bien.

AUGUSTE—Eh bien, mon vieux Jolin, à nous deux maintenant! Veux-tu?

JOLIN—D'après ce que je vois, vous revenez vous établir dans le pays?

AUGUSTE—Oui!

JOLIN—Le retour de l'enfant prodigue.

AUGUSTE—L'enfant prodigue? Mais tu sais bien, vieux Jolin, que je n'ai pu comme lui dissiper mon héritage.

JOLIN—Sans doute, car vous n'aviez pu l'emporter.

AUGUSTE—Tu feins de ne pas me comprendre... Tu dois bien penser cependant que mon intention, en remettant les pieds ici, est de revendiquer le dépôt que je t'ai confié en partant. C'est l'héritage de mon père, et après tant de revers, je ne serai pas fâché d'en jouir en paix.

JOLIN—Mais, au moment de votre départ, vous m'avez cédé vos biens, par actes réguliers.

AUGUSTE—Ah! très bien; mais tu oublies que cette vente était purement fictive, maître Jolin; car tu m'avais signé toi-même à l'avance une déclaration qui l'annulait. Cette déclaration, cette contre-lettre, comme on appelle les actes de ce genre, te constituait seulement dépositaire de ma fortune; tu étais obligé de tout me restituer à ma première demande.