AUGUSTE—Chien qui s'en dédit! Tiens bien toutes ces conditions, mon vieux, car je te surveillerai. Tu dois savoir qu'il n'est pas facile de me tromper, ni de me surprendre; te voilà bien averti... Maintenant, que la paix est conclue, laisse-moi seul ici attendre le jour en compagnie de ce brave garçon arrivé si à propos pour m'épargner des désagréments. Envoie-nous deux ou trois bouteilles de ton meilleur vin, et bonsoir... Tu dois avoir besoin de ruminer à ton aise quelque nouvelle coquinerie; seulement contente-toi de ruminer ou sinon... Va! (Jolin sort.) Allons, j'ai quinze jours devant moi; c'est plus qu'il ne me faut pour les mater...

ADRIEN, se jetant dans ses bras—Ah! monsieur, vous êtes mon bon génie; vous aurez fait le bonheur de toute ma vie!...

AUGUSTE—Ne vous hâtez pas trop de me remercier, mon jeune ami; Dieu sait comment tout ceci finira... Enfin, j'ai quinze jours de gagnés. Les Américains ont tort de dire: Time is money... Le temps c'est tout!

(La toile tombe.)

ACTE IV

SEPTIÈME TABLEAU

LE MILLIONNAIRE

(Le théâtre représente un jardin. Au fond une barrière entrouverte, où Josepte et Thibeault causent au lever du rideau.)

SCÈNE I

THIBEAULT, JOSEPTE.