JOLIN—Mais vous me demandez d'être absolument le maître dans ma... dans notre maison. Au moins justifiez de vos droits, en me montrant ce papier... qui...
AUGUSTE—Tron dé Diou! mon bon ami, tu deviens assommant à rabâcher toujours la même chose! Tu verras ce papier le jour où nous réglerons définitivement nos comptes; tu le verras en présence d'un notaire et de deux témoins, à travers une glace assez épaisse pour que tu ne puisses le lacérer furtivement. Voilà quand et comment tu verras cette contre-lettre, et non auparavant ni autrement. En attendant je vais la mettre en lieu sûr, afin que tu ne sois plus tenté de recommencer l'expérience de cette nuit. Crois-moi, ne te montre pas trop difficile, et nous pourrons faire ensemble un arrangement à l'amiable où tu trouveras ton profit.
JOLIN—Et ni vous ni ce jeune homme ne conterez jamais à personne ce qui est arrivé cette nuit?
AUGUSTE—Nous le promettons.
JOLIN—Et vous vous engagez à soutenir demain matin la fable que je conterai aux dames Saint-Vallier pour détourner leurs soupçons?
AUGUSTE—Tu pourras conter toutes les fables de Lafontaine si tu veux, personne ne te contredira.
JOLIN—Marché conclu!
AUGUSTE—A merveille! Maintenant, récapitulons. J'aurai mes cinq cents louis; je pourrai recevoir tout le pays ici s'il m'en prend fantaisie...
ADRIEN—Et j'épouserai Blanche?
JOLIN—Oui, oui...