JOLIN, donnant des coups de pieds à Thibeault—Allons, te lèveras-tu, toi, maudit cancre!

THIBEAULT—Aïe! aie!... Je suis à moitié mort... grâce!...

AUGUSTE—Attendez, camarade; (Il lui tend la main.) les ennemis ne sont pas des Turcs. C'est moi qui vous ai mis dans cet état, c'est à moi de vous aider maintenant que la bataille est finie!... (Il le relève.) Allons, mon brave, cette petite bourrasque ne doit pas vous décourager; quand vous voudrez, je vous donnerai votre revanche.

THIBEAULT—Non, non! pas de revanche, pas de revanche! J'en ai assez moi aussi. (Il se dirige vers la porte.)

AUGUSTE, à Bertrand—Et vous, mon vaillant picador, sans rancune aussi, n'est-ce pas?... Quand il vous plaira de recommencer notre passe à la navaja, je serai à vos ordres. Il n'y aura pas alors de chaises éparses sur le plancher pour me faire tomber! Au revoir donc, mes amis, et felice sera! (Bertrand et Thibeault sortent.)

SCÈNE VII

AUGUSTE, ADRIEN, JOLIN.

ADRIEN—Vous les laissez s'échapper ainsi?

AUGUSTE—Pourquoi pas? Tel va chercher de la laine qui s'en revient tondu! Et maintenant, mon bon Jolin, mon respectable ami, nous allons causer un instant, si tu veux bien.

JOLIN—J'espère, mon cher monsieur Auguste, que vous ne prendrez pas au sérieux une mauvaise plaisanterie. J'avais expressément recommandé qu'on ne vous fit aucun mal. Je voulais seulement voir ce papier, vous savez, qu'il m'est si important de connaître. Ces pauvres diables que vous avez si mal menés étaient seulement chargés de s'assurer si réellement vous aviez cette pièce sur vous...