AUGUSTE—Comment, déjà? Vous me feriez plaisir en passant ici quelques jours, afin que je puisse vous fêter d'une manière plus digne de vous et de moi. Ces dîners improvisés ne valent pas grand'chose...
JOLIN, à part—Que le diable lui torde le cou!...
LECOURS—Oh! nous sommes tout à fait charmés...
AUGUSTE—Vous me donnerez ma revanche un autre jour. Je vais mettre cette maison sur un pied convenable. J'aurai des cuisiniers de diverses nations. Vous verrez, cousin; à votre prochaine visite, vous mangerez des nids de salanganes, des holothuries et des nageoires de requins. Je parie que vous trouverez ces mets délicieux.
JOLIN, à part—L'infâme!...
LECOURS—Vous êtes mille fois trop...
AUGUSTE—Eh bien, à dimanche prochain alors, il y aura grande fête ici. Ayez la bonté de transmettre mon invitation aux Amyot, aux Durand, aux Garant, et aux autres dont je puis oublier le nom, mais que je chéris du fond du cœur. Dites-leur de venir avec leurs amis et leurs connaissances, leurs enfants, leurs domestiques, leurs chiens, s'ils en ont... Dans l'Inde, c'est l'usage d'arriver ainsi chez un ami en caravane.
JOLIN, à part—Le brigand!...
AUGUSTE—Jolin, j'entends que rien ne soit épargné pour cette fête. S'il n'y a pas de salle assez vaste à la maison, le banquet aura lieu dans le jardin. Je veux des pluies de fleurs, des parfums, de la musique...
JOLIN—Cependant, monsieur, il y a certaines limites... qui...