LECOURS—Ah! c'est mal à vous, monsieur Jolin, de vouloir ainsi détourner votre maître de sa famille. Avez-vous peur de l'affection qu'il nous témoigne? Vous avez beau faire, M. DesRivières préférera toujours ses parents à l'ancien commis de son père.

SCÈNE VI

LES PRÉCÉDENTS, THIBEAULT.

(Thibeault entre et va présenter une lettre à Jolin qui s'éloigne un peu pour la lire.)

THIBEAULT, à Lecours—La voiture de monsieur est prête.

LECOURS, à Auguste—Vous les entendez, cousin; maître et domestique ont l'air de nous trouver de trop ici. Écoutez; on cherche à vous accaparer; on en veut à votre fortune, c'est clair. Tenez, si vous vouliez bien venir demeurer chez nous, à Québec, notre demeure est bien peu digne de vous, mais l'affection et le respect suppléeraient à ce qui manque.

AUGUSTE—Merci, merci, cousin; j'apprécie votre dévouement à sa juste valeur... et je pourrais bien un jour ou l'autre accepter vos offres...

JOLIN, d'un air triomphant, et sa lettre à la main—Acceptez-les tout de suite, vilain imposteur que vous êtes; acceptez-les tout de suite, et délivrez-moi de votre présence!

ADRIEN—Que signifie ce langage? Oubliez-vous, monsieur Jolin...

JOLIN—Je n'oublie rien; mais je suis las de me faire bafouer dans ma maison, et je vais donner du balai à tout ce qui me gêne. Ainsi donc, les DesRivières, les Lecours, les petits amoureux intrigants, les laquais et les banquets chinois, et toute la boutique infernale, vont décamper lestement de chez moi... Allons, qu'on fasse maison nette, et promptement! car en vérité la rage m'étouffe, et je ne saurais me contenir plus longtemps!