LECOURS—Mais, sapristi! cet individu est fou! parler ainsi à un homme capable d'acheter la moitié de Québec.
JOLIN—Qu'il s'achète donc un logis pour la nuit; car, je le jure, il ne couchera pas dans ma maison.
LECOURS—J'espère que vous connaissez vos amis maintenant, cousin! Venez-vous-en chez nous. Notre voiture est prête; nous pouvons y placer vos coffres les plus précieux... Il serait imprudent de laisser votre fortune à la merci de ce mécréant...
JOLIN—Ah! ah! ah!... Son bagage ne sera pas lourd. Il ne possède rien au monde. C'est moi qui lui ai acheté l'habit qu'il a sur le corps.
LECOURS—Mais ces dîners, ces réceptions...
JOLIN—Je souffrais tout, je payais tout... Moi, l'homme réputé habile, expérimenté, je me suis laissé duper comme un écolier, comme un imbécile. Oh! mais la leçon me servira. Allons, que l'on sorte à l'instant de chez moi!
LECOURS—Je m'en vais tout de suite, quant à moi. Je ne suis pas venu ici pour me faire insulter... Cela crie vengeance... Viens, mon enfant... c'est indigne. Être traité ainsi dans la maison d'un parent!... (Il sort avec son enfant.)
SCÈNE VII
LES PRÉCÉDENTS, excepté LECOURS et JULES.
AUGUSTE—A ce que je vois, maître Jolin, tu sais...