JOLIN—Je sais la vérité. Ce papier que vous vous vantiez d'avoir n'est pas entre vos mains. J'ai écrit au successeur de ce notaire à qui vous aviez confié la contre-lettre; voici sa réponse. (Il lit.) «Cette pièce a été envoyée à qui de droit; il en est fait mention dans nos registres; mais comme elle n'a jamais été mise en usage, il faut penser qu'elle a été perdue ou détruite.»

AUGUSTE—C'est la réponse que j'ai obtenue moi-même.

JOLIN—Alors qu'attendiez-vous donc de moi? Pourquoi ces folies indignes d'un homme de votre âge, ces extravagances, ces gaspillages inouïs?

AUGUSTE—Je voulais m'amuser à tes dépens. J'aurai toujours tiré cela de l'héritage que tu me voles...

JOLIN—Ménagez vos expressions! Je suis un honnête homme, et je ne souffrirai pas que l'on m'insulte. Si vous avez des droits faites les valoir! Mais tous ces propos sont inutiles. Thibeault, chasse-moi ces individus!

THIBEAULT—Merci!... J'en ai assez, moi, de ces jeux-là!

AUGUSTE—Misérable fripon!... je t'étranglerais... Mais bah! un coquin de moins sur la terre où il y en a tant, ne laisserait pas de vide appréciable. (À Adrien.) Allons, mon ami, il ne nous reste qu'à faire retraite, car vous êtes compris dans cette intimation polie d'avoir à vous éclipser.

JOLIN—Oui, lui, lui surtout!

ADRIEN—Je n'ai pas la prétention de rester chez M. Jolin malgré lui; mais, avant de partir, je veux savoir si c'est librement que ces dames...

BLANCHE—Adrien, je ne veux pas, je ne peux pas rester ici. Je vous en conjure, ne me laissez pas dans cette maison!...