SCÈNE I
AUGUSTE, ADRIEN, CAYOU, JOSEPTE.
CAYOU—Cré tire-bouchon! C'est une bénédiction du bon Dieu!... Mais vous ne m'en voulez donc point pour... l'autre soir... vous savez... l'absinthe? Pourquoi diable vous étiez-vous déguisé aussi? On peut pas toujours deviner... Je me le disais... Mais curiosité à part, c'est drôle que vous laissiez le Domaine pour venir vous loger ici...
JOSEPTE—Tais-toi donc, Cayou, quand on a de quoi, et qu'on veut vivre à son goût, on doit pas être à son aise chez Jolin. Sans parler mal de lui, il est un peu serré, le cher homme!...
CAYOU—C'est drôle tout de même, un homme qu'à tant de bâtiments sur la mer...
AUGUSTE—Ils ont fait naufrage!
CAYOU—Naufrage! Ah! bonté divine! et les tonnes d'or?
AUGUSTE—Fondues. Mais, ne craignez rien, mon hôte, je puis solder ma dépense cette fois. Heureusement que quelques pièces plus dure que les autres n'ont pas coulé dans la fonte générale. Tenez, (Jetant une pièce d'or.) payez-vous d'avance; préparez-moi une chambre; donnez-nous à boire et à manger; et laissez-nous la paix. Dans tous les pays du monde, j'ai détesté les curieux et les bavards.
JOSEPTE—On y va, on y va!... (Elle sort avec Cayou.)