LES PRÉCÉDENTS, Mme SAINT-VALLIER, JOLIN.
JOLIN, entrant avec Mme Saint-Vallier—Ah! ah! ah! La voilà donc enfin cette belle princesse fugitive qui vient réclamer l'assistance des chevaliers errants.
AUGUSTE—Silence, monsieur! Vous n'avez aucun droit sur cette jeune fille; épargnez-vous donc les injures et les menaces.
Mme SAINT-VALLIER—J'espère qu'on ne me contestera pas, à moi, le droit de traiter cette sotte créature comme elle le mérite... Quitter sa mère et une maison honnête pour se réfugier dans un cabaret, avec...
AUGUSTE—Madame, si Mlle Blanche a fait une démarche imprudente, la faute n'est pas à elle, mais à vous. Quand une mère aveugle, au lieu de défendre sa fille, la laisse exposée aux entreprises, aux insultes d'un misérable, il faut bien que la pauvre enfant se défende elle-même. Mais votre droit est sacré. Reprenez votre fille... Seulement, sachez-le bien, d'autres défenseurs plus clairvoyants veilleront à sa sûreté.
JOLIN—Allons, ces messieurs commencent à mettre de l'eau dans leur vin...
AUGUSTE—Jolin, nous sommes modérés, parce que nous sommes forts. Si tu en doutes, regarde! (Il lui montre la contre-lettre d'une main, pendant que de l'autre il empêche Jolin d'y toucher.) Ne bouge pas; ne fais pas un mouvement, sur ta vie! A cette distance, tu peux reconnaître ta signature... Tu sais ce que cela veut dire. Avant vingt-quatre heures, tu me rendras tes comptes.
JOLIN—La pièce est fausse; elle a été forgée par vous.
AUGUSTE—Tu diras cela à l'homme de loi à qui je vais la confier. Maintenant tu peux partir!
JOLIN—Malédiction!... Mais je me vengerai! (Il sort.)