L'amour, passion creuse et vaine.

Aussi Albertus parle ainsi, dès 1831.

Et je n'aime à présent que ma mère.

Tout autre amour en moi s'est tu.

L'unique Elégie des Poésies, de 1833-1838, répètera:

Chimère

D'aimer une autre femme que sa mère.

Avant de magnifier ainsi la mère, Gautier avait un père, mais il ne parle point de ce père. Un jour il quitta la société de quelques amis pour aller donner un coup de pied à un homme qui était près d'eux; quand il revint, l'un des causeurs lui dit: «Vous ne vous gênez guère avec ce Monsieur»—Il répondit: «Mais c'est mon père.» Pour un poète qui se croyait un déclassé de l'Orient, cette reconnaissance de la paternité choqua tout le monde. Il avait aussi des sœurs; il les oublie. Il y a encore un garçon et deux filles qui portent son nom et méritent plus qu'un amour de six mois. Pourquoi n'a-t-il pas sacrifié à la mère de son fils et à la mère de ses deux filles trois vers qui sont un outrage à la famille? Comment la succession ne renonce-t-elle pas à cet héritage de quelques mots?

Reste à savoir si la misanthropie de ce testament d'amour s'accorde avec le contexte des Poésies complètes. Gautier nous a mis à la main tant de marguerites qu'il sera facile de recommencer l'épreuve maintes fois pour bien s'assurer qu'il était décidément voué au jaune, comme Panurge.

Dès l'Elégie deuxième, mauvais pronostic: