—Œil pour œil, dent pour dent! proféra le moraliste La Crique.

—Allez, Grangibus, prends la verge et cingle. Une petite séance avant le déculottage pour le mettre en «vibrance», ce beau petit «mocieu» qui fait tant le malin.

—Serrez-vous, les autres, écartez le cercle!

Et Grangibus, consciencieusement appliqua d’une baguette verte, flexible et lourde, six coups sifflants sur les fesses de l’autre qui, sous son bâillon, étouffait de colère et de douleur.

Quand ce fut fait, Lebrac, après avoir pendant quelques instants conféré à voix basse avec Camus et Gambette, qui s’éloignèrent sans se faire remarquer, s’écria joyeusement:

—Et maintenant, aux boutons! Tintin, mon vieux, prépare tes poches, c’est le moment, c’est l’instant, et compte bien tout, et ne perds rien!

Lebrac y alla prudemment. Il convenait en effet de ne point détériorer par des mouvements trop brusques et des coups de couteau malhabiles les diverses pièces composant la rançon de l’Aztec, pièces qui devaient grossir le trésor de guerre de l’armée de Longeverne.

Il commença par les souliers.

—Oh oh! fit-il, un cordon neuf! y a du bon!

—Salaud, reprit-il bientôt, il est noué; et lentement, l’œil guettant les liens de ficelle qui garantissaient son museau d’un coup de pied vengeur et qui eût été terrible, il défit «l’embouélage», délaça le soulier et retira le cordon qu’il remit à Tintin. Puis il passa au deuxième et ce fut plus rapide. Ensuite il remonta la jambe du pantalon pour s’emparer des jarretières en élastique qui devaient tenir les bas.