CHAPITRE VIII
AUTRES COMBINAISONS
Plus j’ai cherché, Madame, et plus je cherche encor...
RACINE (Britannicus, acte II, sc. 3).
—Non, non, je n’en veux plus du trésor! J’en ai assez, moi, de ne pas me battre, de copier des conneries sur Mirabeau, de faire des retenues et de recevoir des piles! Merde pour les boutons! Les prendra qui voudra. C’est pas toujours aux mêmes d’être taugnés. Si mon père retrouve un bouton dans mes poches, il a dit qu’il me refoutrait une danse comme j’en ai encore jamais reçu.
Ainsi parla Tintin le trésorier, le lendemain matin, en remettant ès-mains du général le joli sac rebondi, confectionné par sa sœur.
—Faut pourtant que quelqu’un les garde, ces boutons, affirma Lebrac. C’est vrai que Tintin ne peut plus guère les conserver puisqu’on le soupçonne. A tout moment il pourrait s’attendre à être fouillé et pincé.
—Grangibus, il te faut les prendre, toi! Tu ne restes pas au village, ton père ne se doutera jamais que tu les as.
—Traîner ce sac d’ici au Vernois et du Vernois ici, deux fois par jour aller et retour, et ne pas me battre, moi, un des plus forts, un des meilleurs soldats de Longeverne, est-ce que tu te foutrais de ma gueule, par hasard! riposta Grangibus.
—Tintin aussi est un bon soldat, et il avait bien accepté!