Miraut devait d'ailleurs éprouver, au cours de cette journée, bien d'autres étonnements.
Le désœuvrement, le hasard, l'espoir de trouver ailleurs ce qu'ils ne dénichaient point chez eux avaient justement amené à Ormont le gros et Pépé, qui chassaient, c'est-à-dire qui se baladaient ensemble ce jour-là.
Il y eut une retrouvaille pleine d'effusion et de joie.
— Eh bien ! on en abat ?
— Oui, des kilomètres. M'en parle pas, mon vieux, pas moyen de lancer.
— Sale temps, vraiment !
— Pas un brin de regain.
— On n'a au moins pas le mal de le faire ; ça fait qu'on est tous rentiers, maintenant.
— Oui, heureusement qu'on a eu beaucoup de foin et que la moisson a été bonne.
— Ça n'empêche qu'on crève de soif, dans ce pays ! fit remarquer Pépé.