— Je me souviens avoir lu quelque part, intervint Pépé, l'histoire de Gargantua qui épata son paternel en inventant, encore tout jeunet, des tas de torche-cul. Miraut est un type dans son genre. Savoir encore si le nommé Gargantua, s'il avait eu des pattes au lieu de mains, aurait été capable de trouver celui-là.

En entendant son nom, Miraut revint se dresser contre la table pour demander un os, une peau de saucisse ou une couenne de lard. On lui donna, mais comme il insistait toujours et que cela devenait inconvenant, Lisée, déjà un peu excité par les libations, lui dit :

— Tu veux boire un coup, mon petit ? Tiens.

Et il lui tendit son verre plein de vin, que le chien flaira et duquel il se détourna avec dégoût.

Là-dessus, nouvelles histoires de chiens et d'autres bêtes à poil et à plume ayant mangé ou bu les choses les plus extraordinaires et les plus bizarres qu'on pût rêver.

— C'est égal, jamais mes chiens n'ont bu de vin, affirma Lisée, et la bourgeoise voudrait bien que je leur ressemble de ce côté-là.

— Qu'est-ce qu'on deviendrait, s'exclama Pépé, si on n'avait pas le jus de la treille pour se consoler de l'existence ? Ah ! le père Noé était un sacré bougre, et nous lui devons tous une fière chandelle.

Comme Miraut revenait à la charge, Philomen conseilla :

— Montre-lui voir le miroir, ça l'épatera.

On décrocha du mur une petite glace et on la plaça devant le chien, qui ne vit d'abord rien du tout, puis, s'apercevant que cela bougeait et remarquant son double dans le cadre, s'approcha tout près afin de flairer cet être qu'il ne connaissait point.