— Ah ! et puisqu'on est réunis, zut ! ça n'arrive pas si souvent, on va faire un peu la « bringue ». Tu n'as pas un poulet bon à saigner ? demanda le gros.
— Il y a tout ce qu'on veut, répondit François.
— Montre-le-moi donc, que je lui flanque un coup de fusil.
— Ne laisse pas sortir les chiens, intervint Lisée ; si Miraut, qui a eu autrefois du goût pour ces sacrées bestioles, te voyait tirer sur une d'elles, il serait dans le cas d'exterminer tout le reste.
Un instant après, les chiens, dûment enfermés dans la pièce, sursautaient au coup de fusil et se mettaient à brailler à plein gosier, ce qui fit rire aux larmes les gosses de François.
Une saucisse fut adjointe à ce menu improvisé, et l'on fit, en pleine semaine, une de ces ripailles comme seuls chasseurs pris impromptu savent en faire.
On raconta, ma foi, des histoires de chasses édifiantes et admirables et d'autres qui, pour toucher à des sujets plus profanes, n'en étaient pas moins hautes en couleur et fort savoureuses.
Cependant, Miraut, qui avec ses camarades chiens avait recueilli quelques reliefs du festin, était en train de se torcher le derrière à sa façon. L'orifice en question sur le sol, bien assis, la queue en l'air, les jambes de derrière allongées et passant de chaque côté des autres, il progressait de ses seules pattes de devant, son postérieur frottant le plancher en appuyant contre de tout son poids.
— S'il allait se planter une écharde dans le cul ! s'écria François.
— Penses-tu qu'il n'a pas regardé avant ! c'est un malin !