— Ah ! vous ne voulez pas me le montrer ? J'sais bien pourquoi ; vous auriez du mal de l'exhiber.
— J'aurais du mal ? Il est là derrière cette porte ; mais vous ne le verrez pas ; ah ! non ! je vous défends bien de le voir, vous n'avez pas le droit d'entrer chez moi.
— Bon, c'est entendu ! Je n'ai pas le droit d'y entrer seul, mais je vais requérir le maire et nous allons bien voir.
Comme il l'avait annoncé, Roy s'en fut chercher le maire, et, au nom de la loi, le somma, pour verbaliser, de l'accompagner chez Lisée.
Celui-ci, bien que n'aimant pas les histoires, dut s'exécuter, et Lisée, mis en demeure, alla ouvrir la porte de sa remise.
Sa surprise fut grande en apercevant la couche vide et la chaîne cassée. Il en pâlit. L'autre, en venant, avait dû rencontrer quelque part Miraut en forêt et toute cette comédie n'était que pour verbaliser avec fracas. Il ressortit très ému.
— Je ne savais pas, avoua-t-il. Il a cassé sa chaîne : tenez, venez voir, ce n'est pas de ma faute.
— Inutile, maintenant, triompha Roy ; je n'ai plus rien à voir. Monsieur le maire a entendu ; vous avouez que votre chien n'est pas chez vous et moi j'atteste que je l'ai rencontré, chassant au sentier de Bêche.
— S'il chassait, on l'aurait entendu, objecta Lisée.
— Je dis « chassant », affirma le garde ; je suis agent assermenté et vous n'allez pas me traiter de menteur : je note que vous avez mis la plus grande mauvaise volonté à en convenir et que j'ai dû recourir à l'autorité municipale pour accomplir mon devoir et faire mon service.