— Tu peux bien aller le quérir toi-même, ta rosse ! répliqua la femme.
— Toujours aussi fainéante ! riposta de nouveau Lisée pour la piquer au vif.
Blessée en effet, la Guélotte se redressa furibonde :
— Fainéante, moi ! tu devrais bien avoir honte, grand vaurien, de me lâcher des mauvaises raisons comme ça ! mais tout ce matin je n'ai pas arrêté une minute de travailler.
— De la langue, compléta le chasseur.
— Eh bien ! j'y vais lui ouvrir à ta charogne, puisque aussi bien il n'y a plus qu'elle qui compte ici, et que moi je ne suis plus rien que vot' domestique à tous les deux.
Et elle passa dans la pièce voisine, communiquant avec la remise.
Miraut, par son bruit réveillé, l'oreille aux écoutes, reconnut le pas et ne bougea mie de sa paille.
Dès que la porte fut ouverte, la Guélotte leva les bras au ciel, prenant, bien qu'elle fût seule, tout l'univers à témoin :
— Jésus ! Marie ! Joseph ! Si c'est permis ! Mais venez voir ce cochon-là, quel ménage il m'a fait ! s'il est possible d'imaginer ! Oh ! mon Dieu, doux Jésus ! qu'est-ce qu'on veut devenir ?