Et elle criait, piaillait, gueulait, tempêtait tant que Lisée, qui ôtait ses souliers, accourut vivement en chaussettes, se demandant avec anxiété de quel abominable crime domestique son chien avait bien pu se rendre encore coupable.
Miraut, affalé sur le flanc, le museau inquiet, les yeux tout ronds de frayeur, le fouet battant, regardait du côté de la porte, craignant fort la raclée.
Lisée arriva près de sa femme. Il vit et aussitôt éclata de rire, d'un bon gros rire joyeux qui lui secouait le ventre et lui découvrait les chicots.
— Ah ben ! bon Dieu ! celle-là, elle est bonne ! Quel sacré commerce a-t-il fait ? Comment diable a-t-il bien pu s'y prendre ?
La couche de Miraut était un capharnaüm magnifique. Parmi les brins de paille, outre les os et les bouts de bois qu'il avait rassemblés, se trouvaient encore une queue de râteau, un vieux fond de culotte, un demi-double de poires, trois ou quatre débris de peaux de lapins, un sabot, une pomme d'arrosoir, trois vieilles pantoufles, deux antiques balais, des paniers percés, un sac qui ne l'était pas moins, une paire de chaussettes, un cercle de tonneau et une valise vieille, très vieille puisque c'était celle dont Lisée se servait quand il faisait son service militaire.
— Ben ! m'est avis qu'il n'a pas perdu son temps, lui non plus.
— Murie ! charogne, canaille ! chameau ! rageait la Guélotte. Oh ! mes peaux de lapins ! mes trois peaux de lapins ! Il les a déchirées et bouffées, le cochon ! trois peaux de lapins qui valaient bien six sous !
— Où étaient-elles ? questionna Lisée.
— Elles étaient pendues à une solive du plafond.
— Faut pas essayer de me monter le coup !