Il s'habilla sommairement de son pantalon et d'un tricot, coiffa sa casquette, puis, dans l'intention de sortir pour aller faire un tour au verger ramasser les fruits et voir le temps, tira ses sabots qui dépassaient un peu de dessous le lit.

Il avait déjà chaussé son pied gauche et enfilait le pied droit sous la bride de cuir quand, d'un mouvement instinctif, il le retira vivement, sentant le mouillé et le froid.

Il se pencha : un liquide jaunâtre, verdâtre emplissait à demi sa chaussure. Intrigué, il regarda de plus près, flaira…

Sa femme, entrant juste à ce moment dans la pièce, l'interpella :

— Qu'est-ce qu'il y a encore ? Tu as au moins cassé ton sabot ?

— Non, répondit Lisée, mais il y a de l'eau dedans. Comment que ça se fait ?

— De l'eau dedans ! Qu'est-ce que tu chantes ? Comment veux-tu qu'il y ait de l'eau dans tes sabots ? Il ne pleut pas ici ; tu es encore saoul !

Elle s'approcha, puis s'exclama :

— Ah grand serin ! ah ! c'est au moins bien fait, mais ce n'est pas de l'eau, imbécile, c'est de la pisse ! C'est sûrement ton beau petit chienchien qui te les aura arrosés, tes sabots. C'est au moins une pièce bien mise et voilà la première fois qu'il me fait plaisir, l'animal. S'il pouvait seulement recommencer tous les jours !

Lisée, un peu penaud, son sabot à la main, continuait à examiner le liquide.