Là-dessus, il s'attabla. Mis en gaieté, il hasarda après la soupe quelques plaisanteries sur les lapins et les poules, ce qui excita la colère et lui attira de vertes répliques de sa conjointe.
— À ta place, répliqua-t-il, toujours de bonne humeur, je n'en mangerais pas, je la pleurerais et je réciterais quelques De Profundis et deux ou trois chapelets pour le repos de son âme.
— Oui, moque-toi encore de la religion, vieux damné, tu grilleras en enfer et ce sera bien fait.
— Pourvu que tu n'y sois pas avec moi, c'est tout ce que je demande !
La conversation dévia parce que la Guélotte venait de jeter sur le plancher une poignée d'os de volaille qu'elle venait de dépiauter.
— Ne jette pas ces os-là au chien, conseilla Lisée ; ils ne sont pas bons pour lui ; d'abord, il ne les mangera pas.
— Ce n'est pas pour lui, c'est pour les chats, mais il ne manquerait plus que ça, que ce monsieur ne daignât pas y toucher.
— Non, expliqua Lisée, parce qu'ils ne contiennent pas de moelle.
— Alors, c'est la viande qui est autour qu'il faudra servir à ce milord, et c'est moi qui les mangerai les os, pour lui faire plaisir et à toi aussi.
— On ne t'en demande pas tant, je te dis de ne pas les lui donner.