--Sans doute, mon garçon, sans doute. Elles donnent donc, les piastres fortes, matelot?
--Des piastres! pour qui me prenez-vous, père Bertrand? Dites des douros, des doublons espagnols, de l'or pur.
Et il tirait des poignées de quadruples de sa poche, en les jetant sur la table. L'or roulait de tous les côtés, sur le plancher, sous les armoires, jusque dans l'âtre.
--En veux-tu? en voilà; des poignées, quoi! et puis d'autres! Je vous avais bien dit, père Bertrand, que je couvrirais votre fille d'or. Il n'y en a plus et il y en a encore. Allez donc! allez donc!
Le brave pêcheur continuait, en parlant ainsi, à épuiser ses poches. Le père Bertrand ouvrait des yeux émerveillés. Cependant une réflexion vint arrêter soudainement sa joie:
--Tout ça est fort beau, Martin, mais Gertrude? Si elle allait te refuser?
--Pas possible, l'ancien. Mon capitaine, M. Duguay, s'est chargé de la chose.
--C'est arrangé, dit Duguay survenant; Gertrude accepte. Elle ne pouvait mieux choisir qu'un brave qui a laissé son poignet gauche sur le champ de bataille pour lui offrir un cadeau de noce qui fût digne d'elle. Martin, tu peux commander les violons.
--Bravo! s'écria celui-ci; et c'est le Hollandais qui paye.