Et le mari étant entré dans la case de sa première femme, mon gaillard alla coucher dans celle de sa prétendue sœur.

Ce jour-là, comme on le pense, ils se levèrent très tard. Dans la matinée, la femme se rendit au puits, laissant son rusé amant couché tout nu dans la case. Par malchance, le jaloux y entra et il put se rendre compte, au premier regard jeté sur ce corps étendu, que ce n’était pas précisément celui d’une femme.

— Hé ! fit-il, voilà donc la fameuse sœur !

Il ajouta :

— Elle mourra aujourd’hui.

Il décrocha son carquois et son arc et alla trouver sa femme. Mais, du plus loin qu’elle l’aperçut avec son arc et ses flèches, elle jeta sa jarre dans le puits, en s’écriant :

— Woyyo ! woyyo ! Je suis perdue !

Son mari lui demanda :

— Qu’as-tu donc ?

— Comme je puisais de l’eau, dit-elle, on m’a appris que toutes mes sœurs venaient de se transformer en hommes.