Ce ne fut rien, en effet. Reine se redressa, se mit à rire:
—Je ne croyais pas avoir des nerfs si faciles à troubler. C'est fort ridicule. Excusez-moi, monsieur le duc. Continuons. Ce rob ne compte pas.
Mais la marquise, plus troublée qu'elle ne voulait le paraître, déclara qu'elle était fatiguée, abandonna la partie, et quitta la table devant laquelle miss Sharp resta seule à ranger les cartes et les fiches.
La soirée était assez avancée pour que la marquise, sans l'abréger trop, remontât chez elle. Pendant qu'elle échangeait quelques mots avec le duc, je m'approchai de Reine:
—Pardonnez-moi, lui dis-je humblement.
Elle me regarda avec des yeux qui étincelaient, et, d'une voix vibrante:
—Je n'ai rien à vous pardonner. Décidément, ce n'est pas votre faute, si je suis une sotte.
Elle regarda autour d'elle pour trouver un prétexte de ne pas continuer l'entretien:
—Où donc est Gaston? pourquoi n'est-il pas ici? pourquoi vous laisse-t-il seul?
Et après une pause, elle ajouta: