—Adieu, répondis-je.
Nous nous quittâmes comme deux ombres qui n'ont pas de corps à étreindre dans un déchirement suprême…
J'étais préparé à un guet-apens. Le duc de Thorvilliers m'attendait peut-être dans l'antichambre.
Je retrouvai le même domestique respectueux qui s'inclina encore, comme devant un évêque, en m'ouvrant la porte du vestibule. La cour, la rue étaient libres.
XIX
Gaston avait promis de se venger; il se vengea.
Deux jours après cette scène, j'étais mandé à l'archevêché. Le duc m'avait dénoncé, en m'accusant de je ne sais quelle intrigue subalterne, honteuse.
Il m'eût été facile de me défendre; il eût peut-être été dangereux pour la duchesse de repousser cette dénonciation. Je ne me défendis pas.
On voulut bien m'écrire à plusieurs reprises, par une condescendance qu'on paraissait devoir à mes services, pour me prier de répondre aux dénonciations dont j'étais l'objet. J'ajoutai aux griefs faux un grief vrai, en ne tenant pas compte par une réplique polie de cette politesse. Dès lors, on n'avait plus de considération à garder. On attendit deux mois avant de me frapper, et, au bout de ces deux mois, la sentence me fut signifiée.
Je n'étais plus qu'un prêtre interdit.