Il eut un plissement du front; son sourire s'aiguisa. Il répondit avec une intention de fierté:

—Il serait plus exact de dire que je ne porte pas mon nom tout entier et que j'en ai traduit une partie en français.

—Vous êtes étranger?

—Non, monsieur, mon nom de famille est alsacien. Je suis le comte Louis Hermann d'Altenbourg. J'ai bien le droit, sous la République, de ne pas me targuer d'un titre, et depuis que mon pays est allemand, de traduire Hermann par Herment… Est-ce là, monsieur, tout ce que la police a découvert sur mon compte?

—Non.

—Ah!

M. Barbier hésita à continuer. Cette femme de ménage, après tout, s'était peut-être trompée! Sans être ni dévot, ni catholique, ni peut-être chrétien, le sous-secrétaire d'État au ministère de la justice l'était également au ministère des cultes. Cela suffisait pour qu'il lui répugnât de trouver un prêtre réfractaire et adultère dans cet homme si grave, si digne, si émouvant.

Pendant sa courte hésitation, et tout en remuant le papier accusateur, M. Barbier se souvint que M. Herment connaissait très bien le ministère et ses êtres. Il y était venu sans doute, comme ecclésiastique, solliciter de l'avancement, ou essayer de s'y faire défendre.

Le sous-secrétaire d'État voulut durcir sa voix, lui donner la tonalité d'un fonctionnaire qui fonctionne; mais sa gêne persistait. Il dit:

—La note que j'ai là me donne un renseignement que vous avez omis et qui vous embarrassait sans doute… Vous êtes un prêtre interdit?