M. Herment s'attendait à cette question. Il resta impassible:

—Oui, monsieur.

Il se fit un petit silence.

M. Barbier regardait un peu en dessous le prêtre, et celui-ci le regardait fixement, de ses yeux qui n'étaient plus tentés de pleurer.

M. Herment ajouta simplement, gravement, lentement:

—C'est parce que je suis frappé d'indignité, que j'ai besoin de vous, monsieur.

—Vous ne me facilitez pas la besogne!

—Serait-elle plus facile, si j'étais un homme marié, doublement adultère?

La remarque était audacieuse, étrange. Elle pouvait paraître cynique, de la part de ce prêtre, en apparence si respectable; mais il avait une façon si ordinaire de dire les choses extraordinaires, qu'il fallait croire à une aberration, plutôt qu'à une émancipation brutale de sa conscience, à une illusion candide de sa tendresse paternelle, plutôt qu'à l'entêtement d'un révolté.

—De toute façon, en effet, répliqua M. Barbier, en admettant la réalité de ce… danger pour votre enfant, nous sommes sans armes pour agir contre celui que la loi reconnaît comme père. M. le duc de Thorvilliers n'a pas, évidemment, désavoué sa…fille?